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05/04/2009

There is a house in New Orleans...


Dans le jardin, de ma nouvelle maison, il y a une cabane dans un arbre... trois personnes semblent en permanence y travailler. Un toboggan descend jusqu'en bas, les escaliers sont suspendus par des cordes, au dernier niveau, un petit jardin suspendu est installé, on se retrouve dans les feuillages à la même hauteur que l'autoroute! Il est écrit "ceci est une sculpture ne pas monter", j'imagine que si quelqu'un glisse et se casse le dos, il ne pourra pas poursuivre les sculpteurs.




Dans la maison, visiblement, il y a environ une douzaine de personnes, la cuisine qui pourrait être la seule pièce commune n'est pas vraiment investie, la table cassée lors de la dernière fête n'a jamais été remplacée, il y a très peu de vaisselle. Donc, pour l'instant je n'ai pas encore vraiment fait connaissance avec tous ces gens, mais j'aime bien ce lieu un peu fou, pas très clean, mais assez attachant.

Sur wikipédia en anglais, lorsqu'on cherche le 1614 Esplanade, certains déclare que cette maison pourrait être la fameuse "House of the Rising Sun"!
"Another claim is that The House of the Rising Sun actually existed between 1862 and about 1874 and was run by a Madam Marianne LeSoleil Levant whose name translates from French as "the rising sun". Bizarre New Orleans, a guide book on New Orleans, asserts that the real house was at 1614 Esplanade Avenue between 1862 and 1874 and was purportedly named for its madam, Marianne LeSoleil Levant"




02/04/2009

Cimetière

On est au nord du quartier historique, près du City Park. Il y a de grands cimetières, et un plus petit, dont les "habitants" n'ont pas eut de quoi se payer un tombeau. La nuit d'avant, il y a eut un gros orages avec une grosse pluie, bien torrentielle, c'est tout le problème de la ville, l'eau ne s'écoule pas facilement, également dans les cimetières. Devant ce cimetière, les bus de touristes ne s'arrêtent pas.



Les tombes sont modestes, très modestes, quatres planches de bois, un collier de carnaval sur une croix sans nom...

mais le drapeau américain flotte malgré tout sur ce cimetière... tout va bien.

24/03/2009

Un petit tour d'aéroglisseur






J'ai pu participer à une séance de replantage dans les marécages complètement dévastés par l'industrie pétrolière. Pour faire passer les pipelines dans cette zone pétrolifère, ils ouvrent des canaux, qui permet à l'eau salée de s'introduire dans l'écosystème, et érodent ces terres fragiles. Donc, là où il y avait des marais offrant une barrière naturelle aux ouragans en absorbant l'eau qu'ils transportent, il n'y a plus que de l'eau, ouvrant le chemin.

Bon, c'était chouette, mais je me demande si aller replanter les marécages en transportant tout le monde sur des aéroglisseurs qui font des vagues, érodent les terres, et perturbent tous les animaux, soit parfaitement logique. Une expédition en canoë aurait été pas mal du tout à mon goût. Bon, personne ne semblait se poser cette question. Vous pouvez remarquez Eugene, sur la gauche, qui semble un peu appréhender le départ!

C'était boueux. Le terrain de plantage a été recréer à grand renfort de terre par un service financé par le gouvernement qui s'appelle "Fishing and Wetlands Preservation" (ou quelque chose comme ça). Ils ne reçoivent pas de financement de l'état louisianais, qui de son côté préfère autoriser les compagnies pétrolières à ouvrir de nouveaux canaux dans les marécages. Même, si ce travail semble dérisoire, on est quand même content à la fin de la journée, et on espère que les racines de ces bébés plantes vont prendre sur ce sol tout sec. Il paraît qu'il n'y a pas la moitié qui résiste, mais que les résistantes ont une expansion très rapide.

Les maisons de Brad

Voici, quelques photos de ma rue. Le Make it Right project continue le chantier, il y a environ 5 maisons déjà finies et habitées, et 8 en chantier. Ils veulent en construire 150 en deux ans pour permettre aux propriétaires des lieux de revenir dans le quartier. Mais c'est compliqué, les gens qui ont tout perdu, ont refait leur vie ailleurs, et tous ne comptent pas revenir.

On me demande souvent "en tant qu'architecte, qu'est-ce que tu penses de ces maisons?". Généralement je réponds qu'elles sont plutôt pas mal. Le principe est bon :construire des maisons écologiques, capables de suporter une nouvelle inondation, pour permettre à des habitants, souvent pauvres, de revenir dans leur quartier. Esthétiquement, elle ne me posent pas de problème. Certaines sont peut-être un peu trop alambiquées, et auraient pu s'inspirer un peu plus des maisons de la Nouvelle-Orléans, notamment les couleurs, les porches etc... Il y a treize modèles de maisons, proposées par 13 architectes, dont une partie sont de la Nouvelle-Orléans, une autre des Etats-Unis et le reste des équipes internationales. Et je dois dire que, même si généralement le boulot de MVRDV, des hollandais, me plais bien, sur ce coup là, je crains qu'il n'y ai pas un habitant qui ne choisise leur projet. C'est une maison tout en longeur dont le centre se plie vers le sol, on a l'impression que la maison sombre. Ce qui n'est pas sans rappeler toutes les maisons éventrées et litérallement déformées suite à l'inondation...

Ce qui impressionne le plus, c'est le vide, autour. Le contraste entre ces maisons en chantier et toutes celles encore en ruine, les marches des perrons qui demeurent devant des maisons disparues. Le projet est très bien, mais il ne concerne que quelques rues du Lower Ninth Ward, et ne fait que révéler le manque d'aide pour la reconstruction du quartier. Enfin, la levée qui a cédée lors de l'ouragan, a seulement été réparée, et peut céder de la même manière. Donc, il y a quelques "chanceux" qui bénéficient de cette initiative privée généreuse, et la politique publique concernant la gestion des crues et des ouragans ne changent pas, les aides pour aider les habitants à revenir ne sont pas suffisantes, sur les 5 ou 6 écoles du Lower Ninth, seule 1 a été réouverte en 4 ans.





21/02/2009

Venise au bout de la route

Si on suit la rive droite du Mississippi jusqu'à son embouchure : Venise est là où la route s'arrête. Intrigués par cette destination touristique, Pierre-Yves et moi, avons embarqué deux américains, Cole et Megan, dans notre aventure jusqu'aux confins de la Louisiane. La route que nous avons empruntée est aussi appelée "Cancer Valley" par les locaux, cela étant dû à la grande concentration de complexes pétrochimiques ponctuant la route. C'est vrai que le début de voyage n'avait rien de réjouissant. Peu à peu, il y eut moins d'habitations et la route s'est retrouvée encadrée par deux levées, l'une protégeant du Mississippi, l'autre des marais... Sur cette étroite bande de terre particulièrement exposée aux ouragans, les quelques habitations semblaient vraiment mal en point. Pour se protéger les maisons se perchent sur d'hypothétiques pilotis, d'autres habitants préfèrent habiter dans des caravanes, sûrement pour pouvoir s'échapper plus facilement. Les bâtiments publics se démarquent car ils sont tous surélevés par de méga structures de béton, servent-ils de refuges aux habitants, je l'espère pour eux. Une route passait de l'autre côté de la levée, nous l'avons empruntée pour aller voir ce que celle-ci cachait.

C'est un port de pêche qui nous est apparu, de la même manière, la plupart des bateaux assez mal en point. Nous discutons avec deux jeunes pêcheurs d'huîtres, qui nous expliquent tout le processus de pêche : la compétition entre les bateaux, la drague des huîtres, le nettoyage des moules et autres coquillages qui s'agglomèrent autour des huîtres. Ils semblaient étonnés et fiers d'avoir la visite de français intéressés par leur travail!



En continuant notre route vers Venise, nous avons emprunté le bac sur le Mississippi, le fleuve était énorme,calme et gris. Nous avons trouvé un restaurant dans une autre marina, tout aussi paumée. Nous rencontrons d'autres pêcheurs d'huîtres, assez attaqués. L'un d'eux, le plus loquace, racontait qu'il avait été missionnaire en Amérique du sud, et qu'il se faisait appelé Jésus. Ils ont réussi à vendre 50 kilos d'huîtres pour 25 dollars à nos copains américains. J'en ai goûté une, elle était énorme, pas salée, pas vraiment le goût de vase, mais presque. J'étais surprise, j'ai failli en vomir! Le programme pour ces huîtres c'est d'être mangées au barbecue! A voir.

Toujours plus loin, la route devient un simple cordon de terre, largement inondable, entre deux étendue d'eau, ponctuées d'arbres plutôt morts. Beaucoup d'oiseaux, dont des vautours noirs ayant, à l'arrêt, de faux airs de dindes d'où leur nom "Turkey Vulture"! Toujours, au loin le profil des cheminées d'un complexe pétrochimique, et des inévitables détritus sur les bas-côtés. Nous avons fini par faire demi-tour devant une grande flaque dont nous n'avons pas pu évaluer la profondeur. Je crois que nous avons atteint Venise, mais je n'en suis pas sûre.

27/01/2009

Le Molly's at the Market

La semaine derniere, j'ai retrouve Cedric, le photographe d'Argos, dont j'avais le contact. Je mets le lien du site du collectif Argos (a droite sur la page). Le rendez vous etait dans un bar : le Molly's. Cedric qui vient depuis 4 ans, tous les ans, a la Nouvelle Orleans, m'a raconte que le Molly's etait un des deux seuls bars ouverts apres Katrina. C'est la qu'il a rencontre son ami Ride, avec qui il bosse quand il vient ici.
C'etait le seul lieu de convivialite pendant l'inondation, alors que la ville etait completement isolee sous couvre-feu. Il est situe dans le quartier francais a l'abri des inondations. Il a ete tenu par des voisins encadreurs a qui le proprietaire du lieu avait confie les cles et le bar. Visiblement tout le monde s'y retrouvait pour se serrer les coudes pendant cette periode difficile. Apres 18h, la ville etait plongee dans le noir (la nuit tombe tot ici). Les gens se barricadaient chez eux, sans eau, ni electricte, ni gaz. Les bruits qu'on entendaient la nuit c'etaient les helicopteres de l'armee, des coups de feu, des cris...
Cedric a beaucoup aime le livre La route de Cormac McCarthy (orthographe?), je me demande si les evenements de la Nouvelle Orleans ne l'aurait pas influence? Il faut que je trouve ce livre ici.